Le désir "d’être utile aux gens". C’est ce qui a poussé, au lycée, Jonathan Brami à envisager des études de médecine. Problème : il n’était alors "pas très bon à l’école", ça ne le passionnait guère, confie-t-il. Ce qu’il aimait, c’était jouer aux cartes Yu-Gi-Oh!, à tel point qu’il est devenu professionnel et a arpenté les tournois, en France et ailleurs. Alors, quand il a formulé ce choix ambitieux, ses profs l’ont invité à "déjà faire ses preuves au bac". Son père, qui avait confiance en lui, l’a mis au défi : "Pour l’instant, tu n’es pas capable. Médecine, ce sera compliqué !" Il s’active. Bac en poche – mention "bien" –, il intègre en 2006 la fac de médecine de Créteil, comme son père (qui, major de P1, choisira dentaire). Mais peine à croire en ses capacités. Il transpose sa stratégie de jeu à la préparation du concours, prévoyant toutes les configurations. Ça fonctionne : il excelle et arrive "20e sur 1.000".

De l'hôpital à la ville

Pendant l’externat, Jonathan Brami se construit : il rencontre Léa Chiche, sa future femme, engrange des souvenirs festifs de ces années d’études, s’investit dans l’associatif et comprend que, pour se préserver émotionnellement, il va devoir s’orienter vers une spécialité médico-technique. Après une quatrième année de brutale remise en question, qu’il choisit de redoubler, il reprend le travail de plus belle, pour pouvoir choisir sa spécialité et la ville de son internat. Et ça fonctionne : il est 68e sur 8.000 au classement des ECN et major de promo... Lessivé, il pioche néanmoins dans ses ressources pour créer les TutoConf, un compagnonnage gratuit d’un externe par un jeune interne.


crédit : J.B.


Il commence son internat en oncologie-radiothérapie, pensant pouvoir s’investir dans l’humain et se réfugier dans la technique quand le premier est trop prenant. Mais encore une fois, l’humain le submerge, il est trop proche du patient, des familles... En échangeant avec sa compagne, qui a entamé l’internat de radiologie, et avec un mentor radiologue, il réalise que "oui, on peut être radiologue et être essentiel dans la prise en charge des patients". Il change de voie, rattrape son retard.

L’internat terminé, il obtient un poste d’assistant des hôpitaux à l’Hôtel-Dieu, où il rencontre quelques-uns de ses mentors : l’une lui transmet une vision moderne de l’imagerie, l’autre lui "fait découvrir l’imagerie de la femme", qui deviendra sa spécialité. C’est là aussi qu’il entend sa cheffe de service dire qu’un médecin peut "très bien s’investir dans la politique de santé locale". Il passe "deux années géniales". Arrive le Covid : il prend conscience des difficultés pour "faire bouger les lignes" à l’AP-HP et décide de s’installer en ville.

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