Aujourd’hui, le travail a débuté dans une vingtaine de villes de Seine-Saint-Denis, sur les trente-neuf que compte le département. "Avec des agents du conseil départemental, nous nous rendons dans toutes les communes de la Seine-Saint-Denis, en binôme, en tant que consultants", informe Bao Hoa Dang. Le duo est d’abord reçu par la direction ou les élus de la ville, avant d’être orienté vers les acteurs opérationnels pour obtenir les réponses à trois questions : comment et où les seniors et leurs aidants peuvent-ils trouver une information pour un accompagnement ? comment les professionnels peuvent-ils signaler une situation fragile ou complexe ? où peuvent-ils trouver du soutien pour les situations complexes déjà prises en charge ?
Pour la première interrogation, onze champs sont questionnés, dont les actions de prévention, les services d’aide à domicile ou encore le répit pour les aidants. "Ensuite, nous élaborons le listing des réponses présentes sur le territoire et identifions, pour chaque thématique, les services qui auront pour mission d’orienter le demandeur, indique Bao Hoa Dang. De cette manière, nous pouvons garantir que chaque lieu donnera les mêmes informations. À titre d’exemple, si un patient demande à son médecin les lieux où bénéficier d’éducation thérapeutique, le praticien s’appuie sur le listing dans lequel sont identifiées les structures qui peuvent apporter une réponse précise et l’y orienter. Ces acteurs ne sont pas les effecteurs du service, mais ceux qui peuvent le renseigner sur les lieux qui le sont. Dès lors que les travaux avec les services municipaux sont terminés, "nous organisons une réunion de restitution, au cours de laquelle le listing est distribué", indique Bao Hoa Dang. Il appartient aussi à la ville de le diffuser, et du côté du DAC, "nous pouvons en parler aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), précise-t-elle. Nous travaillons sur un circuit, nous devons donc le faire connaître".
Le même travail est effectué pour les deux autres questions. "L’objectif n’est pas de déterminer, pour l’intégralité des situations complexes qui peuvent être rencontrées, les acteurs à solliciter, mais de faire savoir vers qui le professionnel de santé peut s’orienter pour obtenir une réponse, donc de mettre en place un circuit", explique la directrice du DAC, avant d’ajouter que ce dispositif permet "de se soutenir et de ne pas être isolé". Certaines villes ont, par exemple, instauré des instances qui réunissent le DAC, le service social ou l’hôpital, afin de discuter, tous les quinze jours en moyenne, des dossiers complexes identifiés par chacun, tandis que d’autres ont mis en place des adresses e-mail dédiées.